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L’engagement solidaire et associatif chez les ados : pourquoi et comment le soutenir

Par Maxime
6 minutes

Comprendre l'engagement solidaire et associatif à l'adolescence

L’adolescence est une période de construction identitaire intense : les jeunes cherchent leur place dans la société, s’interrogent sur leurs valeurs et veulent agir pour un monde plus juste. L’engagement solidaire et associatif leur offre un terrain d’expérimentation concret, où ils peuvent à la fois se sentir utiles, comprendre les rouages de la citoyenneté et développer de nouvelles compétences – autant d’atouts pour leur épanouissement personnel et leur parcours futur.


Pourquoi encourager les ados à s’engager ?

  • Se sentir acteur : Participer à une action solidaire (ramassage de déchets, aide aux sans-abris, tutorat scolaire…) permet de dépasser le sentiment d’impuissance face aux grands problèmes de société et d’agir, même à petite échelle, pour améliorer les choses.
  • Développer la confiance en soi : L’engagement dans un projet collectif renforce l’estime de soi, en offrant des responsabilités concrètes et des retours positifs immédiats.
  • Apprendre le vivre-ensemble : S’impliquer dans une association, c’est aussi apprivoiser la diversité, la démocratie et la coopération – des qualités centrales pour la vie adulte.
  • S’ouvrir au monde professionnel : De nombreuses compétences transversales (organisation, prise de parole, gestion du temps, encadrement…) sont valorisées sur Parcoursup et appréciées des employeurs.
  • Se créer un réseau : On tisse des liens durables, précieux pour la suite, avec des adultes référents, des pairs animés des mêmes valeurs, et parfois l’opportunité de stages ou d’emplois.

Quels types d’engagement pour les jeunes ?

Les modalités sont nombreuses et s’adaptent à tous les tempéraments, tous les agendas, toutes les passions. L’essentiel est d’y trouver du sens et une expérience positive.


  • Bénévolat associatif : Soutien scolaire, maraudes, visites en EHPAD, organisation d’événements culturels ou sportifs… De plus en plus d’associations s’ouvrent à des jeunes à partir de 13-14 ans, parfois sur des missions ponctuelles.
  • Actions collectives ponctuelles : Partir ramasser des déchets, aider à collecter des dons pour une banque alimentaire, organiser un vide-greniers solidaire… Ce format léger permet de tester l’engagement à son rythme.
  • Mobilisation numérique : Campagnes de sensibilisation sur les réseaux sociaux, création de contenus éducatifs, organisation de collectes en ligne… L’activisme digital séduit les adolescents connectés.
  • Conseils de jeunes ou junior associations : Beaucoup de communes ou d’établissements scolaires disposent de conseils municipaux des jeunes, ou encouragent la création d’associations lycéennes, offrant un cadre formateur et reconnu.
  • Chantiers de jeunes bénévoles : Des séjours de vacances permettent de s’investir activement (restauration de patrimoine, protection de la nature) tout en partageant la vie de groupe.

Les freins à l’engagement des ados : comment les dépasser ?

Malgré la motivation, certains obstacles peuvent freiner l’élan des jeunes – et celui de leurs parents. Les identifier aide à mieux les contourner.


  • Manque d’information : Beaucoup d’ados ignorent quelles associations recrutent près de chez eux, ou pensent à tort que l’engagement est réservé aux adultes.
  • Peurs et croyances : On craint parfois de ne pas être assez compétent, de ne pas se faire des amis, ou de perdre du temps sur les devoirs.
  • Réticence parentale : Les parents peuvent hésiter par peur que l’engagement gêne la scolarité, que ce soit trop prenant, ou par méconnaissance du sérieux des structures associatives.
  • Contraintes pratiques : Problèmes de transport, emplois du temps surchargés, manque de flexibilité des associations…

Pour lever ces freins, il existe des solutions efficaces :

  • S’informer : Consulter les sites spécialisés (Tous Bénévoles, Jeunes.gouv, Animafac) et les plateformes locales d’engagement. Les établissements scolaires disposent souvent d’un référent vie associative.
  • Tester sans pression : Commencer par une action ponctuelle ou une mission courte pour voir si l’expérience plaît, et éviter l’essoufflement.
  • Échanger avec d’autres bénévoles : Rencontrer, même virtuellement, des jeunes du même âge déjà engagés permet de dédramatiser et de s’encourager mutuellement.
  • Adapter l’investissement : L’engagement s’adapte à l’emploi du temps : certains projets ne nécessitent que 1-2h par mois ! Savoir dire non à certaines missions est aussi formateur.
  • Impliquer les parents : Les rassurer sur l’aspect sécurisé, formateur et compatible avec la scolarité, leur proposer de venir rencontrer les responsables des structures ou de s’engager en famille.

Encourager, accompagner, valoriser : le rôle-clé de la famille et des adultes

Comment soutenir concrètement un adolescent motivé par la solidarité ?

  • Valoriser l’initiative : Montrer de l’intérêt pour les projets du jeune, l’accompagner dans ses démarches, l’aider si besoin à candidater, préparer un entretien ou organiser ses trajets. Féliciter les réussites, petites ou grandes.
  • Écouter et rassurer : Accueillir les doutes, autoriser le droit à l’erreur, ne pas dramatiser en cas de « saut de motivation » ou de changement d’avis.
  • Partager son expérience et témoigner : Les parents actifs, anciens bénévoles ou engagés peuvent raconter leur vécu, évoquer ce que la solidarité leur a apporté personnellement ou professionnellement.
  • Ouvrir le dialogue sur le sens de l’engagement : Aborder en famille les valeurs associatives, l’utilité de chaque mission, la découverte de nouveaux milieux culturels ou sociaux.
  • Favoriser les échanges : Proposer à l’ado d’inviter un ami, de créer un petit groupe pour s’engager à plusieurs, de tenir un carnet de bord ou un blog sur ses expériences.

Exemples concrets d’engagements ados et témoignages

  • Soutien scolaire et mentorat : Lina, 16 ans : « J’aide des collégiens de 6e à faire leurs devoirs le samedi matin. Au début j’avais peur de ne pas être utile, mais ils sont super reconnaissants, ça me donne confiance pour parler en public. »
  • Maraudes et aide alimentaire : Paul, 15 ans : « On distribue de la soupe et des vêtements avec mon club sportif, ça montre que la pauvreté concerne tout le monde et ça fait du bien de sortir de sa bulle. »
  • Protection de l’environnement : Emma, 14 ans : « Avec mon lycée on organise des journées de ramassage aux abords de la Seine, c’est concret, ça motive car on voit tout ce qu’on peut faire bouger en une matinée. »
  • Mobilisation via les réseaux sociaux : Youssouf, 17 ans : « On anime une page Insta pour informer sur les discriminations. C’est valorisant d’avoir de l’impact, même derrière un écran. »

Les pièges à éviter et les fausses idées sur l’engagement adolescent

  • N’en faire qu’une corvée ou un plus pour le dossier scolaire : Sans sens, l’engagement s’essouffle vite. Le vrai bénéfice vient du plaisir à agir ensemble et de la conviction personnelle.
  • Minimiser les jeunes : Penser que « ce sont des enfants » ou qu’ils ne seront pas pris au sérieux bloque la motivation. Au contraire, beaucoup d’associations recherchent leur fraîcheur et leur inventivité.
  • Surcharger d’engagements : Vaut mieux une action adaptée qu’un agenda saturé, au risque de l’épuisement ou d’un désengagement brutal.
  • Confondre bénévolat et stage obligatoire : Une action associative n’a pas à être notée ni sanctionnée… Elle peut compléter un stage, mais la démarche n’est pas la même.
  • Attendre l’initiative spontanée : Beaucoup d’ados ont besoin d’être sollicités, accompagnés, « embarqués » dans une dynamique collective.

Checklist pratique : encourager l’engagement solidaire de son ado

  1. Parlez régulièrement d’actualité, d’injustice ou des besoins locaux autour de vous.
  2. Recensez ensemble les associations proches, leurs créneaux horaires, leurs besoins.
  3. Encouragez la participation à une action ponctuelle (collecte, nettoyage, événement culturel).
  4. Autorisez votre ado à tester, changer, explorer différents formats d’engagement.
  5. Valorisez chaque petit pas : préparation d’une action, implication sur une réunion, prise de parole, etc.
  6. Accueillez les échecs, dédramatiser si la motivation baisse, rompre si besoin l’engagement avec diplomatie.
  7. Soulignez les bénéfices pour le jeune : sens du collectif, nouvelles rencontres, découverte de talents.
  8. Explorez les dispositifs officiels : Service civique dès 16 ans, Junior associations, Conseils de jeunes…

Pourquoi c’est si précieux ?

S’impliquer dans des actions solidaires ou associatives est bien plus qu’un passe-temps pour les ados : c’est un laboratoire du « vivre ensemble », une école de la responsabilité et un levier concret pour changer la société, d’abord à sa mesure. En soutenant l’engagement de votre adolescent, vous l’aidez à se forger une identité citoyenne solide, ouverte et confiante en l’avenir.
Ce capital expérience, relationnel et humain sera une ressource précieuse à cultiver tout au long de la vie adulte.


Pour aller plus loin : découvrez nos dossiers sur le bénévolat jeune, les témoignages d’engagement familial et les conseils pour créer un projet solidaire sur bonsplansfamille.fr, rubrique Ados et Parentalité.
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