Parentalité

Aider son enfant à surmonter les échecs et les déceptions

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi faut-il préparer nos enfants à vivre des déceptions ?

Il est naturel de vouloir aider son enfant à éviter la tristesse ou la frustration. Pourtant, les échecs comme les déceptions font partie intégrante de la vie et constituent de véritables apprentissages pour les plus jeunes. Savoir réagir face à un résultat en-dessous des espérances, une amitié qui se termine ou un examen manqué, ce sont autant de bases pour l’autonomie émotionnelle future.
Accompagner son enfant dans ces petits et grands revers du quotidien, c’est l’armer face à l’adversité, l’aider à bâtir sa confiance en lui… et renforcer la qualité des échanges familiaux autour des difficultés.


Que ressent un enfant face à l’échec ?

  • Tristesse et colère : Après une déception, l’émotion prime. Aucun raisonnement ne sera efficace si le chagrin, l’injustice ou la honte envahissent l’enfant.
  • Un sentiment d’incompétence : Certains enfants intègrent rapidement un message erroné du type « je ne suis pas capable », surtout s’ils se comparent à d’autres ou s’ils entendent des critiques.
  • De la peur d’oser recommencer : L’appréhension de l’échec futur peut bloquer la prise d’initiative ou la participation à de nouveaux projets.
  • La solitude : L’enfant peut avoir le sentiment d’être le seul à vivre cette situation, ce qui accentue la détresse.

Accompagner son enfant : que faire dans les premières minutes ?

  1. Écouter avant de conseiller : Laissez l’enfant exprimer sa déception sans juger. Ne minimisez pas (« ce n’est pas grave », « ça arrive à tout le monde ») avant d’avoir reconnu l’émotion.
  2. Accueillir l’émotion : Montrez que vous comprenez : « Tu te sens déçu, c’est normal d’être triste quand tu voulais tant réussir ».
  3. Évitez les leçons immédiates : À chaud, un enfant n’a pas besoin d’une analyse, mais d’un parent qui tient compte de son ressenti.
  4. Valorisez le fait d’avoir essayé : Soulignez l’effort ou la participation avant de revenir sur le résultat ( « Bravo d’avoir tenté », « Tu t’étais entraîné, c’est déjà beaucoup »).

Transformer l’échec en apprentissage : les leviers concrets

1. Dédramatiser l’échec

  • Racontez vos propres ratés, partagez des exemples de personnes célèbres ayant connu l’échec avant de réussir. Cela aide l’enfant à relativiser.
  • Expliquez que ce qui compte, ce n’est pas d’échouer ou non, mais ce que l’on fait ensuite.

2. Aider l’enfant à exprimer ses émotions

  • Proposez-lui de dessiner sa déception, de faire une liste « ce que ça m’a appris », ou d’en parler à un confident.
  • Encouragez l’expression des émotions par des mots, même maladroits, pour éviter qu’elles s’accumulent.

3. Chercher ensemble des solutions ou des pistes d’amélioration

  • Une fois l’émotion retombée, repérez ce qui pourrait être fait différemment la prochaine fois.
  • Demandez-lui ce qu’il aurait pu changer, valorisez ses idées, et évitez de donner la solution toute faite.
  • Restez dans le concret : « La prochaine fois, aimerais-tu t’entraîner plus tôt ? Voulais-tu de l’aide ? »

4. Apprendre à savourer les efforts autant que les résultats

  • Insistez sur la progression, sur ce qui a été accompli et non sur la perfection.
  • Créez en famille des rituels où l’on célèbre les essais, les petites victoires personnelles, les étapes franchies.

Les pièges à éviter en tant que parent

  • Dénigrer ou minimiser l’échec : « Tu n’as pas travaillé assez », « Ce n’est pas grave, on s’en fiche ». L’enfant n’apprend pas à analyser, il apprend à enfouir ou à culpabiliser.
  • Reporter la responsabilité sur autrui : Accuser un professeur, un camarade, le système n’aide pas l’enfant à s’approprier l’événement ni à développer sa résilience.
  • Protéger à l’excès : Vouloir éviter toute difficulté ou empêcher que l’enfant affronte des revers, c’est le priver aussi d’occasions de s’endurcir affectivement.
  • Valoriser uniquement la réussite : Un enfant a besoin d’être encouragé pour sa démarche, sa persévérance, non seulement pour sa réussite finale.

Comment peut-on préparer l’enfant à gérer les déceptions sur le long terme ?

  1. Renforcer régulièrement l’estime de soi
    Faites régulièrement le point sur ses qualités, ses progrès, ses compétences autres que scolaires ou sportives. Les compliments sur l’effort, la gentillesse, le courage, sont essentiels.
  2. Entraîner à la persévérance
    Encouragez-le à réessayer, à tester de nouvelles approches, à demander de l’aide, à se fixer des objectifs progressifs.
  3. Mettre du sens dans les échecs et réussites
    Soulignez l’intérêt de l’expérience et non du seul résultat ( « Ce n’est pas gagné, mais qu’as-tu appris en chemin ? »).
  4. Favoriser un environnement bienveillant
    Créez un climat familial où chacun partage ses réussites et ses ratés sans crainte du jugement.
  5. Ouvrir à la discussion sur la comparaison sociale
    Parlez des réseaux sociaux, de la comparaison avec les amis, afin d’aider votre enfant à développer un regard critique sur la notion de réussite affichée.

Exemples concrets : comment réagir dans différentes situations du quotidien

  • À l’école : L’enfant rentre déçu de sa note ou du résultat d’un contrôle. 
    Réponse possible : « Tu es déçu, tu espérais mieux. C’est normal. Que voudrais-tu faire la prochaine fois ? Veux-tu qu’on relise ensemble la leçon ? »
  • Au sport : Il est éliminé d’un tournoi ou son équipe perd ..
    Réponse possible : « Perdre, ça fait mal. Mais tu as donné le meilleur, tu as encouragé tes copains, et la prochaine fois, tu retenteras ta chance .»
  • En amitié : Une dispute, une déception relationnelle.
    Réponse possible : « C’est dur quand un copain nous dit non ou s’éloigne. Tu veux en parler, réfléchir à ce que tu ressens, ou tu préfères qu’on fasse une pause ensemble ? »

Encourager l’expression et l’autonomie : outils pratiques à tester

  • Boîte à émotions : proposez à l’enfant d’écrire ou dessiner ce dont il est fier, ce qui l’a rendu triste ou en colère, et d’y revenir en famille une fois par semaine.
  • Tableau des efforts : affichez ses essais, les défis relevés, qu’ils aient abouti ou non.
  • Jeux de rôle : inventez ensemble des saynètes où l’on rate, où l’on échoue… puis on imagine ce que l’on pourrait dire ou faire pour rebondir.

Checklist pour aider son enfant à surmonter une déception

  1. Laissez d’abord l’enfant exprimer ce qu’il ressent (sans juger, sans solution immédiate)
  2. Validez l’émotion : nommez-la, partagez votre compréhension
  3. Évitez toute critique ou culpabilisation
  4. Encouragez la recherche de solutions ou d’explications avec lui (après coup, pas à chaud)
  5. Soulignez l’importance de l’effort, pas seulement du résultat
  6. Donnez le bon exemple en parlant de vos propres échecs et rebonds
  7. Installez des rituels familiaux où chacun peut parler de ses petites victoires… et de ses ratés
  8. Aidez-le à trouver un point positif ou une nouvelle envie pour la suite

Quand demander un soutien extérieur ?

Si un enfant manifeste des signes de retrait prolongé, d’anxiété majeure avant chaque nouvelle expérience ou d’auto-dévalorisation persistante (« je ne vaux rien, je n’y arriverai jamais »), il peut être pertinent de consulter un professionnel (psychologue, pédiatre). Il n’est jamais honteux de demander de l’aide pour retrouver un équilibre émotionnel.
Les associations de soutien à la parentalité ou les structures scolaires peuvent aussi accompagner le dialogue.


Grandir avec ses revers : un vrai cadeau pour devenir autonome

Aider un enfant à surmonter échecs et déceptions, ce n’est pas l’encourager à les ignorer, mais à leur donner du sens, à oser essayer, à persévérer tout en restant à l’écoute de lui-même. Surmonter une contrariété, une note décevante ou une amitié qui s’ébrèche, ce sont autant d’occasions de renforcer la résilience, l’adaptabilité et la confiance.
En famille, faire de l’échec une étape normale, dédramatisée, respectée, c’est offrir à son enfant une base solide pour construire ses futurs succès – et une relation affective de confiance, jour après jour.


Pour aller plus loin : retrouvez nos témoignages de parents, fiches outils et guides « Résilience et estime de soi » sur bonsplansfamille.fr : rubrique Éducation et Parentalité.
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